Avocat en arbitrage international à Paris

Conseil et représentation dans les arbitrages commerciaux internationaux (CCI, CNUDCI, ad hoc) et les recours contre les sentences.

Vous êtes confronté à :

  • une clause compromissoire à rédiger ou à contester
  • une procédure d’arbitrage engagée ou à engager
  • une sentence à faire exécuter ou à annuler
  • des mesures provisoires ou conservatoires
  • un litige sur la compétence du tribunal arbitral

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Paris est l’un des trois sièges arbitraux les plus utilisés au monde, et le droit français de l’arbitrage international est réputé pour son libéralisme : un contrôle du juge étatique volontairement restreint, une autonomie de la convention d’arbitrage poussée loin, une exécution des sentences facilitée. Ce cadre vient d’être révisé par le décret n° 2026-741 du 6 août 2026, qui entre en vigueur le 1er janvier 2027. Le cabinet accompagne entreprises françaises et étrangères dans la rédaction de leurs clauses compromissoires, la conduite de la procédure arbitrale et les recours devant la cour d’appel de Paris.

Ce qui rend un arbitrage international, et pourquoi cela compte

L’article 1504 du code de procédure civile retient un critère unique et purement économique : dans sa rédaction en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026, est international l’arbitrage qui met en cause des intérêts du commerce international ; à compter du 1er janvier 2027, la formule devient « intérêts économiques internationaux ». Dans les deux cas, ni la nationalité des parties, ni le lieu du siège, ni la loi applicable au contrat n’entrent en ligne de compte. Deux sociétés françaises peuvent relever de l’arbitrage international si l’opération litigieuse implique un mouvement de biens ou de valeurs par-delà les frontières.

La qualification n’a rien d’académique. Elle commande le régime applicable : un contrôle allégé du juge d’appui, la faculté pour les parties étrangères de renoncer au recours en annulation, et surtout un régime de reconnaissance des sentences nettement plus favorable que celui des jugements. C’est la première vérification à faire dans un dossier, et elle se fait au vu de l’opération économique, pas du papier à en-tête des parties.

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Le juge d’appui, et pourquoi les clauses désignent Paris

Lorsque la constitution du tribunal arbitral se bloque, qu’une partie refuse de désigner son arbitre ou qu’un incident menace la procédure, le juge d’appui intervient pour débloquer sans juger le fond. En matière internationale, l’article 1505 désigne le président du tribunal judiciaire de Paris, sauf clause contraire, lorsque l’arbitrage se déroule en France ou lorsque les parties sont convenues de soumettre l’arbitrage à la loi de procédure française. Cette centralisation explique en partie l’attractivité de la place : un interlocuteur unique, rompu à la matière, et une jurisprudence lisible.

Cinq cas d’annulation, et rien d’autre

Le recours en annulation contre une sentence rendue en France est enfermé dans la liste limitative de l’article 1520 : incompétence retenue ou déclinée à tort, constitution irrégulière du tribunal, méconnaissance de la mission confiée, violation du principe de la contradiction, contrariété de la reconnaissance ou de l’exécution à l’ordre public international. Cinq cas, aucun autre.

Aucun de ces motifs ne permet de rediscuter le fond. La partie qui a perdu son arbitrage et cherche à faire juger que les arbitres se sont trompés en droit ou en fait n’a pas de voie ouverte, et les tentatives de faire passer un grief de fond sous l’habillage de l’ordre public international se heurtent à un contrôle exigeant. C’est la contrepartie assumée du choix de l’arbitrage : on gagne en rapidité et en confidentialité ce qu’on perd en second regard.

La réforme du 6 août 2026

Le décret n° 2026-741 du 6 août 2026 modernise l’ensemble de la procédure arbitrale, de la convention d’arbitrage aux voies de recours. Trois évolutions retiennent l’attention des praticiens. La sentence peut désormais être établie numériquement, l’article 1480-1 exigeant seulement que les procédés utilisés en garantissent l’intégrité et la conservation. Les formalités probatoires de l’exequatur sont allégées, l’article 1515 renonçant à l’exigence de production de l’original au profit d’un exemplaire authentifié. Un article 1516-1 nouveau consacre enfin une voie autonome de reconnaissance de la sentence, distincte de l’exequatur, celle-ci faisant produire à la sentence ses effets en France sans ouvrir l’exécution forcée.

Le droit transitoire mérite attention car il varie selon les dispositions concernées : certaines s’appliquent en fonction de la date de conclusion de la convention d’arbitrage, d’autres de la date de constitution du tribunal, d’autres enfin de la date de la sentence. Ainsi la nouvelle définition de l’arbitrage international de l’article 1504 vaut lorsque le tribunal arbitral a été constitué après le 1er janvier 2027, tandis que les règles sur la sentence et son exequatur visent les sentences rendues après cette date. Une procédure ouverte fin 2026 pourra donc relever simultanément de l’ancien et du nouveau régime selon les questions posées.

Pour les arbitrages relevant du Règlement CCI, ces évolutions sont reprises dossier par dossier dans une série d’analyses : le Règlement d’arbitrage CCI 2026, l’exécution et la contestation d’une sentence CCI en France et à l’étranger, et le budget d’un arbitrage CCI sous le nouveau barème.

Cas typiques d’intervention

Les situations ci-dessous sont des cas de figure illustratifs, rendus anonymes. Elles montrent à quel moment le cabinet intervient et sur quoi porte le travail.

Clause d’arbitrage pathologique

La clause désigne une institution inexistante. Le cabinet fait constater la volonté d’arbitrer, saisit l’institution la plus proche et évite le contentieux de compétence.

Mesure provisoire en cours d’arbitrage

Un partenaire dissipe ses actifs pendant la procédure. Le travail porte sur la saisie conservatoire devant le juge d’appui et sur l’articulation avec le tribunal arbitral.

Exécution d’une sentence à l’étranger

Une sentence rendue à Paris doit être exécutée à Dubaï. Le cabinet coordonne la reconnaissance sous la Convention de New York avec un correspondant local.

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Questions fréquentes sur l’arbitrage international

Comment exécuter en France une sentence rendue à l’étranger ?

Par l’exequatur. L’article 1516 du code de procédure civile, dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2020, pose que la sentence arbitrale n’est susceptible d’exécution forcée qu’en vertu d’une ordonnance d’exequatur. La procédure se mène sur requête, sans débat contradictoire, ce qui la rend rapide : quelques semaines dans la plupart des cas. Le juge vérifie l’existence de la sentence et sa conformité manifeste à l’ordre public international, sans réviser le fond. Deux pièces commandent la recevabilité : l’original de la sentence avec la convention d’arbitrage, ou une copie réunissant les conditions d’authenticité requises, et leur traduction. Les réunir prend souvent plus de temps que la procédure elle-même, notamment lorsque l’institution arbitrale doit délivrer une copie certifiée.

Sur quels motifs une sentence peut-elle être annulée ?

La liste est limitative. L’article 1520 du code de procédure civile, en vigueur depuis le 1er mai 2011, n’ouvre le recours en annulation que dans des cas précisément énumérés, tenant notamment à la compétence du tribunal arbitral, à sa constitution, au respect de sa mission, au principe de la contradiction et à l’ordre public international. Ce qui n’y figure pas ne peut pas fonder le recours, et en particulier l’erreur de droit ou l’appréciation des faits. C’est la raison pour laquelle les recours fondés sur le mécontentement quant au fond échouent presque toujours. Un recours utile se construit sur la procédure, non sur la solution, et les moyens correspondants doivent avoir été soulevés devant les arbitres pour ne pas être jugés tardifs.

Faut-il choisir l’arbitrage plutôt que le juge étatique ?

Cela se décide au moment de rédiger le contrat, pas au moment du litige. L’arbitrage offre la confidentialité, le choix d’arbitres familiers du secteur, et surtout une sentence exécutable dans un très grand nombre d’États en vertu de la convention de New York, avantage décisif face à un cocontractant situé hors de l’Union européenne. Ses limites sont le coût, difficilement justifiable en dessous de quelques centaines de milliers d’euros de litige, et l’absence de véritable voie de recours sur le fond. Le bon arbitrage se décide donc au regard de deux paramètres : où se trouvent les actifs du cocontractant, et quel est l’ordre de grandeur des litiges prévisibles sur la durée du contrat.

Comment rédiger une clause compromissoire qui tienne ?

Cinq éléments, et l’oubli d’un seul crée une clause pathologique dont la mise en œuvre coûtera un an. L’institution, désignée par sa dénomination exacte et non par une approximation, une clause visant une chambre de commerce inexistante étant la cause la plus fréquente de blocage. Le siège de l’arbitrage, qui détermine la loi de procédure et le juge d’appui. Le nombre d’arbitres, un ou trois, avec les conséquences de coût que cela emporte. La langue de la procédure. Et le droit applicable au fond, distinct du siège. Deux ajouts utiles : un seuil en dessous duquel le litige relève d’une procédure accélérée à arbitre unique, et une clause de médiation préalable assortie d’un délai bref pour ne pas retarder l’accès à l’arbitre.

Combien coûte un arbitrage et qui avance les frais ?

Les frais se composent des frais administratifs de l’institution, des honoraires des arbitres, calculés le plus souvent en fonction du montant en litige, et des frais de conseil. La provision est appelée dès le début et mise à la charge des deux parties, à parts égales en principe. C’est un point à anticiper : lorsque le défendeur ne paie pas sa part, le demandeur doit avancer la totalité s’il veut que la procédure se poursuive, ce qui pèse lourdement sur la trésorerie. La sentence répartit ensuite les frais, généralement au détriment de la partie qui succombe, mais ce remboursement intervient à la fin. Le plan de financement du litige doit donc être établi avant d’introduire la demande.

Que faire si la partie adverse refuse de participer ?

La procédure se poursuit. Le défaut d’une partie n’arrête pas l’arbitrage : le tribunal se constitue, l’institution désigne l’arbitre manquant, et la sentence est rendue après que le demandeur a établi le bien-fondé de ses prétentions, le tribunal ne pouvant se contenter du silence adverse. Deux précautions s’imposent alors. Veiller scrupuleusement au respect du principe de la contradiction, chaque notification devant être documentée, car c’est le terrain sur lequel la sentence sera ensuite attaquée au stade de l’exequatur. Et anticiper l’exécution, puisqu’une partie qui refuse de comparaître exécutera rarement volontairement : l’identification des actifs saisissables se prépare pendant la procédure, non après la sentence.

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