Avocat en baux commerciaux à Paris

Négociation, renouvellement, loyer, indemnité d’éviction, résiliation et cession du bail, pour les bailleurs et les preneurs, à jour de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026.

Vous êtes confronté à :

  • un bail commercial à négocier ou à renouveler
  • un congé reçu ou à délivrer, avec ou sans indemnité d’éviction
  • un loyer révisé ou déplafonné que vous contestez
  • un commandement visant la clause résolutoire
  • une cession de bail ou de fonds à sécuriser

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Le statut des baux commerciaux (articles L. 145-1 et suivants du code de commerce) protège le locataire par le droit au renouvellement et l’indemnité d’éviction, et encadre strictement le loyer. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a modifié plusieurs règles, notamment l’article L. 145-40, avec un calendrier d’entrée en vigueur échelonné que bailleurs et locataires doivent connaître.

Le cabinet intervient pour les propriétaires et pour les commerçants, de la rédaction du bail au contentieux du renouvellement.

Le risque : un congé, un loyer ou une clause mal maîtrisés qui coûtent des années de loyer

Pour le bailleur, le principal risque est l’indemnité d’éviction de l’article L. 145-14 : refuser le renouvellement sans motif grave et légitime oblige à indemniser la valeur du fonds ou du droit au bail, les frais de déménagement et de réinstallation, soit souvent plusieurs années de loyer. Un congé irrégulier ou tardif produit le même effet.

Pour le preneur, le risque tient à la clause résolutoire de l’article L. 145-41 : un commandement resté sans effet pendant un mois fait perdre le bail, et avec lui le fonds de commerce. Le déplafonnement du loyer au renouvellement, lorsque les facteurs locaux de commercialité ont évolué, peut aussi doubler la charge locative du jour au lendemain.

Un congé, un commandement ou une demande de révision vient d’arriver ? Les délais sont courts : un premier échange permet de les sécuriser.

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La solution juridique : maîtriser les délais et les mécanismes du statut

Le statut est fait de délais impératifs : congé six mois avant le terme par acte de commissaire de justice (article L. 145-9), demande de renouvellement, action en fixation du loyer dans les deux ans, contestation du congé, délai de grâce pour la clause résolutoire. Chaque acte manqué ou irrégulier bascule le rapport de force.

Sur le loyer, le plafonnement de l’article L. 145-34 protège le preneur, sauf modification notable des éléments de la valeur locative ou bail de plus de douze ans. La loi du 26 mai 2026 a retouché certaines de ces règles ; le cabinet en a publié une analyse détaillée et un guide pratique pour les entreprises.

Comment le cabinet intervient

En amont, le cabinet rédige ou négocie le bail : destination, répartition des charges et des travaux, clauses d’indexation, garanties, cession et sous-location. Il audite les baux existants d’un portefeuille immobilier ou d’un réseau de points de vente avant une acquisition ou un renouvellement.

En contentieux, il délivre ou conteste les congés, saisit le juge des loyers commerciaux pour la fixation du loyer de renouvellement, défend le preneur menacé par la clause résolutoire en demandant des délais et la suspension de ses effets, et plaide l’indemnité d’éviction avec l’appui d’un expert. Il accompagne également les cessions de bail et de fonds de commerce, en veillant à la garantie solidaire du cédant.

Cas typiques d’intervention

Les situations ci-dessous sont des cas de figure illustratifs, inspirés de la pratique du cabinet et rendus anonymes.

Congé avec refus de renouvellement pour un local parisien

Un bailleur refuse le renouvellement d’un bail de restaurant sans offrir d’indemnité. Le cabinet fait constater l’absence de motif grave et légitime et obtient une indemnité d’éviction couvrant la valeur du fonds.

Commandement de payer visant la clause résolutoire

Un commerçant reçoit un commandement pour un arriéré contesté de charges. Le cabinet saisit le juge dans le délai d’un mois, obtient des délais de paiement et la suspension de la clause.

Déplafonnement au renouvellement

Un bailleur demande le déplafonnement en invoquant l’évolution du quartier. Le cabinet démontre l’absence de modification notable des facteurs locaux de commercialité et obtient le maintien du loyer plafonné.

Votre bail présente-t-il l’un de ces enjeux ? Exposez-nous votre situation, nous vérifions les délais et les options avant qu’ils n’expirent.

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Sur les cinq modifications de la loi du 26 mai 2026 et ce qu’elles imposent à chaque partie, voir notre article Bail commercial : la loi du 26 mai 2026, ce qui change pour le bailleur et le preneur.

Sur le renouvellement, voir notre article Renouvellement du bail commercial : déplafonnement et indemnité d’éviction.

Questions fréquentes sur les baux commerciaux

Quelle est la durée minimale d’un bail commercial ?

Neuf ans. L’article L. 145-4 du code de commerce, dans sa rédaction en vigueur depuis le 25 novembre 2018, pose que la durée du contrat de location ne peut être inférieure à neuf ans, tout en réservant au preneur la faculté de donner congé à l’expiration d’une période triennale. Cette asymétrie est le cœur du statut : le bailleur est engagé pour neuf ans, le preneur peut sortir tous les trois ans, sauf dérogations limitées. Deux conséquences pratiques. Un preneur qui signe une renonciation à la faculté triennale doit mesurer qu’il s’engage fermement sur neuf ans. Et le congé triennal obéit à des formes et à un délai stricts, dont l’inobservation reconduit le bail pour trois ans de plus.

Comment se conteste un déplafonnement du loyer ?

En vérifiant d’abord que les conditions du déplafonnement sont réunies, car le principe reste le plafonnement lors du renouvellement. Le bailleur invoque généralement une modification notable des facteurs locaux de commercialité, une modification des caractéristiques du local, de la destination des lieux ou des obligations des parties, ou la durée du bail excédant douze ans. Chacune de ces causes suppose une démonstration concrète et documentée, et non une affirmation générale sur l’évolution du quartier. La contestation se prépare par des éléments de fait : relevés de commercialité, comparaison avec les loyers pratiqués, état des lieux d’entrée et de sortie. C’est une matière où le dossier l’emporte presque toujours sur l’argumentation.

Comment se calcule l’indemnité d’éviction ?

Elle répare le préjudice causé par le refus de renouvellement, et sa composante principale est la valeur du fonds de commerce ou, si elle est moindre, la valeur du droit au bail, à laquelle s’ajoutent les frais de déménagement et de réinstallation, les indemnités de licenciement éventuelles et les frais divers. Le débat porte en pratique sur la méthode d’évaluation du fonds, qui varie selon l’activité, et sur le point de savoir si le fonds peut être transféré sans perte de clientèle, auquel cas seule la valeur du droit au bail est due. La préparation consiste donc à documenter la clientèle attachée au lieu, par les bilans, la provenance des clients et la nature de l’activité.

Que faire face à un commandement visant la clause résolutoire ?

Réagir immédiatement, car le délai court dès la signification et il est bref. Deux voies existent, souvent complémentaires. Régulariser dans le délai, ce qui neutralise la clause, la difficulté étant que le montant réclamé inclut parfois des sommes contestables qu’il vaut mieux payer sous réserve que de laisser en litige. Et saisir le juge pour obtenir des délais de paiement, dont l’octroi suspend les effets de la clause tant que les délais sont respectés. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est ouvrir une négociation amiable en laissant courir le délai : à son expiration, le bail est résilié de plein droit et la marge de manœuvre disparaît presque entièrement.

Qui paie les travaux, le bailleur ou le preneur ?

La répartition contractuelle est encadrée, et certaines charges ne peuvent plus être mises à la charge du preneur, notamment les grosses réparations et les travaux de mise en conformité relevant de ces grosses réparations. Le bail doit par ailleurs comporter un inventaire précis des catégories de charges, impôts et taxes, avec leur répartition, et le bailleur est tenu d’informer le preneur des travaux envisagés et de leur coût. Un bail ancien comportant une clause générale mettant tout à la charge du preneur doit donc être relu à la lumière de ces règles. En pratique, l’examen de l’état des lieux et de l’inventaire des charges précède utilement toute discussion sur les travaux.

Peut-on céder son bail librement ?

La cession du bail à l’acquéreur du fonds de commerce ne peut pas être interdite, mais elle peut être encadrée : agrément du bailleur, intervention à l’acte, clause de garantie solidaire du cédant pour une durée limitée, droit de préemption dans certains cas. Une cession du droit au bail seul, sans le fonds, obéit en revanche aux stipulations du bail et peut être interdite. Trois vérifications s’imposent avant de s’engager dans une cession : la rédaction exacte de la clause, le respect des formalités de signification ou d’intervention, et la situation locative du cédant, un arriéré non soldé pouvant fonder une opposition. Elles se font avant la signature du compromis, pas après.

Quand le bailleur peut-il refuser le renouvellement sans indemnité ?

Trois situations, et elles sont d’interprétation stricte. Le motif grave et légitime à l’encontre du preneur, qui suppose une inexécution persistante et n’est retenu que si le bailleur a mis en demeure le preneur de cesser et que celui-ci a laissé passer un mois sans s’exécuter. L’immeuble reconnu insalubre et devant être démoli. La reconstruction ou la surélévation de l’immeuble, dans les conditions du statut, assortie le plus souvent d’un droit de priorité au profit du preneur. Hors de ces cas, le refus reste possible mais l’indemnité d’éviction est due, et son montant dépasse fréquemment la valeur que le bailleur espérait retrouver en reprenant les lieux.

Le loyer peut-il être révisé en cours de bail ?

Oui. La révision triennale peut être demandée par l’une ou l’autre partie à l’expiration de chaque période de trois ans, et le loyer révisé est en principe plafonné par la variation de l’indice de référence depuis la dernière fixation. Ce plafond cède lorsqu’une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité a entraîné par elle-même une variation de plus de dix pour cent de la valeur locative : c’est la brèche que les bailleurs cherchent à ouvrir, et elle se démontre par des éléments objectifs, travaux d’urbanisme, ouverture d’un pôle de transport, transformation du quartier. Une demande mal motivée ne produit aucun effet et fait perdre trois ans.

Que change la loi du 26 mai 2026 ?

Il s’agit de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, dite de simplification de la vie économique, dont l’article 62 a réécrit l’article L. 145-40 du code de commerce, en vigueur depuis le 28 mai 2026. Le texte encadre désormais les sommes versées à titre de garantie : pour les locaux mentionnés à l’article L. 145-32-1, elles ne peuvent excéder le montant des loyers dus au titre d’un trimestre, la règle valant aussi pour la valeur des biens, titres et engagements remis en garantie. Les loyers payés d’avance au-delà de deux termes continuent de porter intérêt au profit du locataire. Les autres dispositions de la loi ayant leur propre calendrier, celui qui s’applique au bail concerné se vérifie avant tout congé ou toute demande de renouvellement.

Les dossiers de cette matière sont suivis par Hervé Guyader, avocat au barreau de Paris et docteur en droit.

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