Tribunes et contributions presse

24 avril 2026 : La guerre en Iran : la France incarne la 3e voie, La Tribune.

Quelle position la France occupe-t-elle dans le conflit autour de l’Iran et de son programme nucléaire ? Elle se pose en promotrice d’une solution diplomatique et juridique, refusant l’affrontement direct entre Washington et Téhéran. La gestion internationale du dossier nucléaire et du détroit d’Ormuz est privilégiée, plutôt que des initiatives unilatérales. Cette « troisième voie » vise à préserver la stabilité régionale tout en sauvegardant le droit international. Elle illustre le rôle singulier de la France comme médiatrice et puissance juridique.

29 avril 2025 : Pourquoi est-il urgent de signer un accord de libre-échange avec les États-Unis ?, La Tribune.

Face à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump et à la hausse vertigineuse des droits de douane américains, pourquoi est-il vain de refuser le combat et urgent d’ouvrir sans tarder une négociation d’un accord de libre-échange avec les États-Unis ? L’objectif affiché de l’administration américaine, selon les mots de son secrétaire au Trésor Scott Bessent, est de créer une « incertitude stratégique » servant de levier de négociation plutôt qu’une rupture définitive des échanges. La France, mal placée pour se poser en meneuse faute de compétence propre en matière commerciale — cette dernière relevant de l’Union européenne —, peut néanmoins peser diplomatiquement en faveur d’un compromis. Un socle de négociation simple se dessine : l’Europe a besoin du gaz et du pétrole américains depuis le tarissement de l’approvisionnement russe, quand les États-Unis pourraient ouvrir leur marché aux produits agricoles et de luxe français. Cette position s’inscrit dans la continuité des prises de position favorables au libre-échange exprimées depuis le débat sur le TTIP.

7 février 2024 : Accord Mercosur : une menace réelle pour l’agriculture française, Les Échos.

L’accord de libre-échange signé en 2019 entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), non ratifié et donc inapplicable en l’état, constitue-t-il une menace pour l’agriculture française ? Il ne le devient qu’en l’absence de clauses garantissant l’application de normes strictes aux importations sud-américaines. Le différentiel de normes est considérable : le modèle agricole français, contraint par des règles sanitaires, phytosanitaires et environnementales parmi les plus strictes d’Europe, s’oppose au modèle productiviste argentin recourant massivement aux OGM et au glyphosate, où des groupes industriels comme Adecoagro exploitent des centaines de milliers d’hectares et où les élevages bovins dépassent couramment le millier de têtes. La France a suspendu le processus de ratification face à des dirigeants sud-américains jugés hostiles aux exigences climatiques et sanitaires européennes, exigeant depuis la signature de clauses de réciprocité dites « clauses miroirs » imposant aux produits importés le respect des mêmes normes que les produits européens. Certains militants écologistes, après avoir largement contribué aux contraintes normatives pesant sur les agriculteurs français, en viennent paradoxalement à afficher une solidarité de circonstance avec le monde paysan. Seule l’inscription de ces clauses miroirs permettrait de rééquilibrer une concurrence aujourd’hui structurellement défavorable aux producteurs français.

2 janvier 2024 : N’ayons plus peur des traités de libre-échange, Les Échos.

À l’approche des élections européennes, les discours décroissants hostiles au commerce international connaissent une résurgence notable. Les succès rencontrés ces dernières années par les traités de libre-échange devraient pourtant rassurer plutôt que dissuader. Les bénéfices économiques et stratégiques de ces accords pour l’Europe demeurent significatifs, qu’il s’agisse de l’accès aux marchés ou du renforcement des alliances commerciales. Dépasser les craintes idéologiques permettrait d’embrasser une mondialisation régulée et maîtrisée, plus conforme aux intérêts du continent que le repli protectionniste.

3 avril 2023 : IRA. Pourquoi l’Europe doit s’inquiéter, Les Échos.

Quelles conséquences le lancement par Joe Biden de deux programmes massifs de soutien à l’industrie américaine, l’Inflation Reduction Act doté de 400 milliards de dollars et le Chips Act consacré aux semi-conducteurs avec 200 milliards de dollars publics complétés par plus de 150 milliards d’investissements privés, fait-il peser sur l’industrie européenne ? L’IRA, présenté comme un soutien à la transition écologique, constitue en réalité un « Buy American Act » 2.0 imposant des règles d’origine strictes susceptibles d’inciter des groupes industriels, notamment allemands, à délocaliser leurs chaînes de production vers les États-Unis. L’Europe n’a répondu à ces plans qu’avec un programme doté de 11 milliards d’euros, montant dérisoire face à l’ampleur de l’effort américain, alors que Washington promet une stabilité durable des prix de l’énergie que l’Europe ne peut égaler. Le climat de décroissance ambiant en Europe contraste avec la culture américaine de la recherche du « plus », une différence de mentalité aux conséquences éducatives et économiques potentiellement durables. La capacité de l’Europe à rivaliser avec cette offensive industrielle américaine paraît, dans ce contexte, incertaine.

2 février 2023 : Retraite. Faut-il travailler plus, Les Échos.

Le projet de réforme des retraites reportant l’âge de départ à taux plein de 62 à 64 ans répond-il à une nécessité de « travailler plus », au nom de la revalorisation de la valeur travail, dans un contexte démographique où la population vieillit et où les actifs manquent pour équilibrer le système ? Le texte comporte des imperfections, notamment pour les femmes dont les trimestres consacrés à l’éducation des enfants restent sans effet sur l’âge de départ, et pour les métiers pénibles. La tentation de multiplier les régimes dérogatoires viderait cependant de son sens l’objectif initial d’un régime universel porté par le président Macron. Face à la critique du « droit à la paresse » de Paul Lafargue se dessine une éthique de l’effort et du mérite. Dans la compétition mondiale des économies, revaloriser le travail apparaît comme une nécessité autant économique que morale.

6 mai 2022 : La France ne doit pas sacrifier ses projets ambitieux sur l’autel d’une minorité d’activistes, La Tribune.

Pourquoi la propension française à laisser des minorités « activistes » écologistes bloquer des projets d’intérêt général pose-t-elle problème, à l’image des précédents de Notre-Dame-des-Landes et du contournement de Strasbourg, retardé cinquante ans ? Le refus de la Mairie de Paris de soutenir le projet de rénovation de la gare du Nord, pourtant nécessaire à l’approche de la Coupe du monde de rugby 2023 et des Jeux olympiques 2024, en est une illustration récente. Des infrastructures majeures comme le pont de Normandie, le pont de Millau ou le parc Disneyland Paris n’auraient pu voir le jour sous l’empire des mêmes contraintes contemporaines. La liaison ferroviaire Lyon-Turin, dont les recours contentieux ont pourtant été purgés, demeure elle aussi contestée malgré sa validation juridique. Un retour du primat démocratique de la majorité sur les minorités mobilisées s’impose : l’écologie doit protéger l’homme, non le sacrifier.

4 avril 2022 : Menace de fermeture du gaz russe : quel est le véritable risque ?, Les Échos.

Quel est le véritable risque que représente l’ultimatum lancé par Vladimir Poutine, qui menace de couper les exportations de gaz russe si les pays occidentaux refusent de payer en roubles avant le 1er avril 2022 ? La faiblesse structurelle de l’économie russe, classée seulement 13e ou 14e puissance mondiale par le PIB, à peine devant l’Espagne, relativise cette menace. La dépendance européenne au gaz russe atteint en moyenne 40 %, plus de 75 % dans une dizaine de pays d’Europe centrale et orientale, contre seulement 11 % en France grâce au nucléaire ; le G7 a néanmoins affiché une unité inattendue face à l’ultimatum, y compris l’Allemagne pourtant très exposée. La position juridique russe est indéfendable, les contrats étant libellés en dollars ou en euros et ne pouvant être unilatéralement modifiés : une fermeture effective du robinet exposerait Gazprom à des recours arbitraux internationaux susceptibles d’aboutir à des centaines de milliards d’euros de dommages et intérêts. Une coupure totale et durable reste finalement peu probable, la Russie ayant elle-même un besoin urgent des revenus tirés de ses ventes de gaz pour financer son effort de guerre. L’économie russe, comme son armée, se révèle en réalité plus fragile que ne le laisse supposer la fermeté affichée par le Kremlin.

7 mars 2022 : Quelles sont les conséquences de la guerre en Ukraine sur le commerce international, Les Échos.

Quelles sont les conséquences des sanctions économiques adoptées par la communauté internationale contre la Russie au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine — gel des avoirs, exclusion du système financier international, restrictions sur les licences d’exportation de biens à double usage ? Leur impact macroéconomique réciproque est net : la perte pour la Russie est estimée entre 2 et 3 points de PIB contre seulement 0,1 à 0,5 point pour l’Europe, la France n’étant que faiblement exposée avec 1,3 % de ses exportations dirigées vers ce marché. L’économie russe demeure structurellement dépendante des hydrocarbures vendus principalement à l’Europe, ce qui rend un embargo durable coûteux mais potentiellement décisif pour affaiblir Moscou. Le prix du gaz constitue une variable d’ajustement politique majeure, tant pour la résilience du régime russe que pour la stabilité sociale en France, en écho au précédent des gilets jaunes. Ces sanctions, bien qu’onéreuses pour l’Europe, relèvent de l’honneur des démocraties occidentales face à la tyrannie.

11 février 2022 : Laissez les œuvres d’art circuler, La Tribune.

21 janvier 2022 : La vraie fortune des milliardaires, les errements du rapport Oxfam, La Tribune.

La méthodologie du rapport annuel d’Oxfam sur les inégalités résiste-t-elle à l’examen ? Le choix de mars 2020, point le plus bas du CAC 40 pendant la crise sanitaire, comme référence de comparaison, gonfle artificiellement la hausse des fortunes mesurée. L’amalgame entre la valorisation boursière d’un groupe, telle celle de LVMH, et la fortune personnelle réellement disponible de son dirigeant, laquelle est soumise à l’impôt lors de toute cession de titres, est également contestable. L’idée que ces fortunes auraient été bâties sur l’argent public ne résiste pas davantage à l’examen : LVMH n’a sollicité aucun dispositif de chômage partiel durant la crise. Le raccourci consistant à valoriser les services publics par leur seule contribution à la commande publique méconnaît enfin que la création de richesse relève structurellement du secteur marchand. Ce texte s’inscrit dans une défense récurrente de l’entrepreneuriat face à des discours jugés idéologiquement orientés contre la réussite économique.

20 janvier 2022 : Faisons entrer le commerce international dans le débat présidentiel, Les Échos.

Pourquoi le commerce international, sujet pourtant essentiel à la prospérité du pays, est-il absent de la campagne présidentielle de 2022, concentrée sur la sécurité et l’immigration, alors que le déficit commercial français accuse un écart de 300 milliards d’euros avec l’Allemagne ? Une vision mondialiste assumée, ouverte à la négociation de nouveaux accords de libre-échange abaissant les droits de douane et harmonisant les standards, complétée par l’instauration d’une taxe carbone aux frontières pour contrer la concurrence déloyale des productions ne respectant pas les normes environnementales européennes, mériterait d’être défendue par les candidats. Une simplification des procédures d’import-export et une définition claire de la réindustrialisation s’imposent également, en distinguant la relocalisation illusoire de la totalité des chaînes de production de celle, plus réaliste, des postes à haute valeur ajoutée. La lutte contre les sanctions extraterritoriales américaines, qui ponctionnent les entreprises françaises depuis 2008 et se durcissent sous l’administration Biden, pourrait constituer un thème de campagne à part entière. Le commerce international, porteur de rêve et d’ambition, mériterait ainsi une place plus centrale dans le débat présidentiel.

20 décembre 2021 : Il faut réformer la SNCF, Les Échos.

Le préavis de grève perturbant les départs en vacances de Noël 2021, qualifié de « scandale » par le président de la SNCF lui-même le 16 décembre, s’inscrit dans quel historique ? Les grèves à la SNCF remontent à 1947, année où furent comptabilisées trois millions de journées de grève, un chiffre à nouveau atteint en 1953 puis approché en 1995. Une culture syndicale d’obstruction systématique s’illustre notamment par le préavis de grève déposé dès la levée du premier confinement le 18 mai 2020, après seulement cinq mois sans mouvement social, ainsi que par la stratégie consistant à concentrer les mobilisations aux moments de départs en vacances pour maximiser la pression. Le statut protecteur des cheminots, combinant emploi garanti à vie et régime spécial de retraite, contraste avec la logique de mérite individuel prévalant dans le secteur privé, tandis que les pertes de la SNCF pourraient atteindre 2 milliards d’euros. Le précédent de la réforme du régime spécial de retraite engagée par Alain Juppé en 1995, qui avait dû céder après cinq semaines de blocage, invite un candidat libéral à l’élection présidentielle de 2022 à porter une réforme radicale supprimant le statut de cheminot. Seul un puissant soutien populaire permettrait de surmonter la résistance de ce que l’on peut nommer la « noblesse du rail ».

15 décembre 2021 : Pourquoi faut-il réformer le droit des licences d’exportation ?, Les Échos.

Pourquoi faut-il réformer le droit des licences d’exportation, formalité administrative devenue un obstacle disproportionné au commerce international, en particulier vers la Chine et la Russie où se cumulent embargos sectoriels et contrôles des biens à double usage ? L’embargo russe sur le porc français, dont la filière ne s’est toujours pas relevée plusieurs années après son instauration, illustre concrètement les conséquences de ce régime. L’opacité des refus opposés par l’administration des douanes pose surtout problème : ils sont motivés en pratique par la seule référence générale à la « politique étrangère et de sécurité nationale » de l’article 12 du règlement du 5 mai 2009, sans indication du motif réel. Ce motif réel tient souvent, en creux, à l’extraterritorialité des lois américaines qui contraint les autorités françaises, sans que cela soit jamais formellement indiqué dans la décision. Un exportateur ne dispose ainsi d’aucun moyen effectif de contester cette décision devant un juge, faute de connaître les motifs véritables du refus.

17 novembre 2021 : Vers une nécessaire régulation des audits, La Tribune.

Les scandales financiers du début des années 2000 et la crise des subprimes appellent-ils une régulation renforcée des cabinets d’audit, singulièrement les « Big Four » (PwC, Deloitte, EY, KPMG), placés au cœur de la certification des comptes des grandes entreprises internationales ? L’affaire Abraaj, dans laquelle KPMG a été mis en cause pour des conflits d’intérêts ayant permis le détournement de plusieurs milliards de dollars par le fondateur du fonds, et la sanction de 13 millions de livres infligée par le régulateur britannique à KPMG dans l’affaire Silentnight, en attestent. Les travaux du professeur Ludovic Phalippou mettent en évidence la propension structurelle des auditeurs à ménager leurs clients plutôt qu’à se déporter en cas de conflit d’intérêts, à la différence de la déontologie imposée aux avocats. Les autorités de régulation doivent renforcer leur contrôle sur ces cabinets afin de restaurer la confiance des marchés. Ce texte s’inscrit dans une réflexion plus large sur la responsabilité civile, pénale et disciplinaire pesant sur les professions du chiffre.

16 novembre 2021 : Secret des avocats, l’obstacle européen (avec Catherine Boineau de Jean-Paul Ordies), Les Échos.

Le projet gouvernemental de réformer le secret professionnel des avocats se heurte-t-il à un obstacle de droit européen ? Le législateur français n’apparaît pas compétent pour porter atteinte à ce secret, dans la mesure où le droit de l’Union européenne s’y oppose directement. Les garanties européennes protégeant le secret des communications entre avocats et clients encadrent strictement toute velléité de réforme nationale en la matière. Cette limite rappelle les bornes de la souveraineté législative française face au droit de l’Union européenne.

20 octobre 2021 : La fin du mois a gagné sur la fin du monde, Les Échos.

La flambée des prix de l’essence à l’automne 2021 confirme-t-elle que les Français, trois ans après la crise des gilets jaunes, continuent de privilégier leurs préoccupations économiques immédiates aux injonctions de la doctrine écologiste radicale ? Les propositions de hausse programmée de la fiscalité sur les carburants portées par certains candidats écologistes, ainsi que la lenteur des dispositifs de compensation envisagés par le gouvernement, comme le chèque énergie, alimentent cette défiance. L’essai de Ferghane Azihari conteste le mythe du « bon sauvage » qui idéalise un retour à un état de nature en réalité dangereux et précaire. Les confinements sanitaires peuvent être analysés comme une préfiguration involontaire de la décroissance, dont les effets psychologiques et économiques négatifs se sont révélés au grand jour. La préoccupation immédiate du pouvoir d’achat l’emportera ainsi toujours, en pratique, sur les objectifs de long terme de la transition écologique.

20 septembre 2021 : Crise des sous-marins, que l’Europe se réveille enfin, Les Échos.

Quelles sont les raisons du renoncement de l’Australie, annoncé en septembre 2021, à sa commande de douze sous-marins construits par Naval Group, contrat initialement signé en 2016 pour 30 milliards d’euros puis réévalué à 56 milliards, au profit des États-Unis dans le cadre de l’alliance stratégique AUKUS ? Une cause technique majeure réside dans le choix initial, contesté dès l’origine, de sous-marins à propulsion classique plutôt que nucléaire, cette dernière option, spécialité française depuis le lancement du Redoutable en 1971, ayant été écartée sous l’influence d’aspirations écologistes alors qu’elle seule permet l’autonomie nécessaire aux missions de renseignement. Le contexte géostratégique de montée en puissance chinoise dans la zone Pacifique pousse par ailleurs l’Australie à rechercher la protection directe des États-Unis plutôt qu’un partenariat avec une puissance jugée trop modeste. Cet épisode plaide pour la nécessité d’une défense européenne autonome, un projet qui se heurte cependant à la divergence des aspirations des vingt-sept États membres et à l’absence de volonté du couple franco-allemand sur ces questions. Il révèle, sur un plan plus général, l’insuffisance stratégique française.

14 septembre 2021 : Et si les fonds d’investissements volaient au secours des entreprises ébranlées par le Covid, Les Échos.

Quel rôle les fonds d’investissement pourraient-ils jouer dans le sauvetage des entreprises fragilisées par la crise sanitaire ? Loin de l’image de prédateurs financiers qui leur est souvent associée, ces fonds disposent à la fois des capitaux et de l’expertise nécessaires pour redresser des sociétés en difficulté, à condition que leur intervention s’inscrive dans une logique de long terme. Une approche pragmatique s’impose, qui ne sacrifie pas l’intérêt de l’entreprise et de ses salariés à la seule recherche de rentabilité immédiate. Dépasser les préjugés entourant ces investisseurs permettrait de reconsidérer leur place dans la gouvernance et le redressement des entreprises françaises.

17 juin 2021 : Non, le pétrole n’est pas mort, Les Échos.

Le discours d’un monde postpétrolier propagé par certains milieux écologistes résiste-t-il aux données de l’OPEP et du FMI ? La demande mondiale de pétrole continue de croître, notamment en raison du caractère non pilotable des énergies renouvelables illustré par les coupures survenues en Californie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède. Le projet Vostok Oil lancé par le groupe russe Rosneft en Sibérie arctique, doté d’un investissement prévisionnel supérieur à 110 milliards d’euros et de réserves estimées à 45 milliards de barils, en est une illustration frappante. Les infrastructures projetées, aéroports, voie ferrée, milliers de kilomètres de pipelines, sont destinées à ouvrir une nouvelle route maritime arctique pour approvisionner l’Europe et l’Asie. La Russie consolidera ainsi durablement ses parts de marché dans l’approvisionnement énergétique européen et asiatique. Ce constat relativise le discours de la fin annoncée des hydrocarbures, au profit d’une analyse fondée sur les investissements industriels réels.

4 mars 2021 : Pourquoi il ne faut pas interdire la viande à l’école, Les Échos.

L’annonce du maire de Lyon de supprimer la viande des cantines scolaires illustre-t-elle un « fanatisme » de certains élus écologistes prompts à imposer des ruptures radicales de mode de vie, après s’être déjà attaqués au secteur automobile, aux pneumaticiens et à l’aérien ? Le poids économique de la filière viande, 750 000 emplois et plus d’un milliard d’euros d’excédent commercial il y a peu, se trouve mis en balance avec une décision présentée comme purement symbolique. La nomination, la même semaine, du chef Guillaume Gomez comme représentant personnel du président de la République pour la diplomatie gastronomique souligne le paradoxe d’un pays qui promeut sa gastronomie tout en la contestant localement. Une réflexion de la mairie de Strasbourg sur la cohabitation avec les rats témoigne d’une dérive plus large du discours écologiste municipal. Il conviendrait, en citant Georges Pompidou, de « ficher la paix » aux Français plutôt que de multiplier les polémiques normatives sur leur alimentation.

11 février 2021 : Les dérives du jusqu’au-boutisme écologique, Les Échos.

Certaines positions défendues par l’écologie radicale dépassent-elles le raisonnable au point de devenir contre-productives ? L’obstination idéologique de certains courants écologistes ignore fréquemment les réalités économiques et sociales auxquelles se heurte toute politique de transition. Les risques d’un radicalisme déconnecté de ces contraintes concrètes fragilisent la crédibilité même des objectifs environnementaux poursuivis. Un écologisme pragmatique et mesuré, loin des excès idéologiques, apparaît comme la seule voie soutenable à long terme.

28 janvier 2021 : Recherche française : les raisons d’une déconfiture, Les Échos.

L’échec du vaccin Pasteur contre la Covid-19 et le simple rôle de conditionnement assumé par Sanofi pour le vaccin Pfizer, qui font de la France le seul membre du Conseil de sécurité de l’ONU sans vaccin national, révèlent-ils une déconfiture de la recherche française ? L’hypothèse d’une infériorité scientifique des chercheurs français ne tient pas, comme l’illustre le prix Nobel de chimie 2020 attribué à Emmanuelle Charpentier, laquelle mène pourtant ses travaux en Allemagne faute d’avoir pu les développer en France. Le principal obstacle réside dans le déficit de capital-développement : la France sait financer l’amorçage de start-up à hauteur de quelques dizaines de millions d’euros mais peine à réunir les montants milliardaires nécessaires au développement de produits médicaux, contrairement aux États-Unis, à la Chine ou à la Russie qui ont su combiner financements publics et privés. La défiance culturelle française envers l’argent, et l’idée que la recherche fondamentale devrait rester pure, non corrompue par des intérêts industriels, y contribue également, alors que les partenariats public-privé ont fait leurs preuves dans d’autres domaines comme les grandes infrastructures. Comme le rappelle l’exemple historique de Thomas Edison, la recherche doit être guidée par l’utilité pratique et non par un ascétisme scientifique appauvrissant.

19 janvier 2021 : Pourquoi Bercy s’oppose au rachat de Carrefour, Les Échos.

L’opposition immédiate de Bercy, au nom de la « souveraineté alimentaire », au projet de rachat de Carrefour par le groupe canadien Couche-Tard, mobilisant le dispositif de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques instauré par la loi Pacte de 2019, est-elle fondée ? Carrefour ne détient qu’environ 20 % du marché de la grande distribution, et la souveraineté alimentaire dépend des producteurs et transformateurs, non de la logistique de distribution. Cette réaction relève avant tout d’un geste politique et communicationnel, destiné à démontrer la protection de l’État envers un fleuron national après les difficultés de gestion de la crise sanitaire. Le paradoxe est notable : le même exécutif n’avait pourtant pas hésité, en 2014, à céder la division énergie d’Alstom, pourtant stratégique pour la maintenance du parc nucléaire français, au groupe américain General Electric. Rien juridiquement n’empêche d’ailleurs Bercy de revenir sur sa position une fois le dossier concrètement engagé.

11 janvier 2021 : Covid 19. Comment le risque pénal pétrifie nos décideurs politiques, Les Échos.

La gestion de la crise du Covid-19 a-t-elle été excessivement guidée par le principe de précaution et un hygiénisme à outrance ? Dans une société devenue totalement averse au moindre risque, toute prise de décision publique se trouve désormais examinée au tamis des risques juridiques et pénaux encourus par ses auteurs. Cette paralysie décisionnelle empêche les responsables politiques d’agir avec le pragmatisme qu’exigerait pourtant la gestion d’une crise sanitaire évolutive. Un rééquilibrage entre prévention des risques et capacité d’action politique s’impose pour restaurer une gouvernance efficace.

6 janvier 2021 : Brexit. Victoire des Britanniques, Les Échos.

L’accord de partenariat économique et commercial conclu entre Londres et Bruxelles juste avant Noël permet-il d’éviter un hard Brexit ? Les Britanniques semblent avoir obtenu satisfaction sur nombre de points contestés tout au long des négociations. Le caractère réel de cette « victoire » britannique mérite toutefois d’être interrogé, tant les concessions consenties de part et d’autre restent significatives. Les gains et les pertes de cet accord pour le Royaume-Uni comme pour l’Union européenne ne pourront être pleinement mesurés que dans la durée.

16 décembre 2020 : Égalitaristes et anticapitalistes font couler la France, Les Échos.

La piètre qualité de l’enseignement et la décrépitude de l’agriculture constituent deux illustrations frappantes du déclin français. Les idéologues égalitaristes et anticapitalistes, pétris de bons sentiments, jouent contre les intérêts économiques du pays en promouvant une vision qui affaiblit sa compétitivité. Cette idéologie ignore les réalités concrètes qui permettraient de redresser les secteurs productifs nationaux. Un retour au réalisme économique et à la défense de ces secteurs s’impose pour enrayer ce déclin.

24 novembre 2020 : Et voici la zone de libre-échange la plus vaste au monde, Les Échos.

La création de la zone de libre-échange RCEP, regroupant la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les nations de l’ASEAN, marque-t-elle un tournant géoéconomique majeur ? Cet accord est incontestablement l’œuvre et la réussite de la Chine, qui a choisi la voie de l’ouverture commerciale en réponse au repli protectionniste américain. Le basculement du centre de gravité économique mondial vers la zone Asie-Pacifique s’en trouve accéléré. Cette nouvelle architecture du commerce mondial, désormais dominée par la Chine, redessine les équilibres internationaux.

29 septembre 2020 : Les salariés de Bridgestone sont les victimes de la transition écologique, Les Échos.

La fermeture annoncée du site Bridgestone de Béthune constitue-t-elle, après General Electric, une nouvelle illustration des conséquences industrielles de la transition écologique sur l’emploi ? Le paradoxe est frappant : un fabricant de pneumatiques haut de gamme se trouve pénalisé par le malus écologique appliqué aux véhicules de forte cylindrée, tandis que l’importation massive de pneus chinois à bas coût, tolérée par l’État, a déjà provoqué la fermeture de onze sites Michelin depuis 2009. Les trois principaux fabricants occidentaux, Bridgestone, Michelin et Goodyear, ont perdu environ 20 % de parts de marché en une décennie au profit de la concurrence chinoise. La baisse structurelle du parc automobile, encouragée par les politiques publiques, entraîne mécaniquement la contraction de la demande de pneumatiques. Les salariés industriels demeurent ainsi les premières victimes concrètes d’une transition écologique dont les effets sociaux sont insuffisamment anticipés.

23 septembre 2020 : Bolloré, le raider financier, La Tribune.

Comment la bataille industrielle autour du groupe Lagardère peut-elle être mise en scène comme une épopée homérique ? Vincent Bolloré y est décrit comme un « raider financier » assaillant Paris (Arnaud Lagardère), tandis que Bernard Arnault joue le rôle d’Hector venant à son secours. Les jeux de pouvoir capitalistiques structurent ainsi le paysage médiatique et industriel français. Les limites de cette stratégie de prise de contrôle agressive interrogent, tout comme le « talon » encore introuvable de Bolloré. Cette lutte soulève des enjeux de gouvernance, de pluralisme et de souveraineté économique.

17 septembre 2020 : Pourquoi une fusion entre Veolia et Suez est une mauvaise idée, Les Échos.

Le projet de fusion entre Veolia et Suez, initié par le PDG de Veolia Antoine Frérot, constitue-t-il, malgré les arguments avancés en faveur d’un « champion français » de la transition écologique, la création d’un monopole national contraire au droit européen de la concurrence ? Cette ambition, portée depuis 2006, prévoit de racheter la participation d’Engie dans Suez avant de lancer une offre publique sur le solde du capital, en cédant les activités eau au fonds Meridiam pour des raisons de concurrence. Le parallèle avec le refus de la fusion Alstom-Siemens par la Commission européenne s’impose : le raisonnement sur le marché pertinent, ici franco-français, devrait conduire à la même conclusion prohibitive. Le précédent de la condamnation de Google par la Commission européenne pour abus de position dominante en 2017 souligne par ailleurs les risques d’un monopole sur un secteur d’utilisation quotidienne par les consommateurs. Comme le montrent les travaux du professeur Lévêque, seule une concurrence effective entre les deux groupes garantit l’innovation nécessaire à ce secteur stratégique.

4 juin 2020 : Droit de retrait, stop aux abus, Les Échos.

Quelle différence entre le droit de retrait, tolérance individuelle subordonnée à la démonstration d’un danger grave et imminent, et la notion d’acquis social collectivement attaché à une profession — et comment expliquer son détournement massif observé en France pendant la crise sanitaire ? La fermeture des trois quarts des bureaux de La Poste au début du confinement, alors que l’entreprise demeure investie d’une mission de service public, et surtout la situation de l’Éducation nationale, où plus de la moitié des enseignants ne seraient pas retournés en classe après le déconfinement du 2 juin 2020, l’illustrent. La charge de la preuve pèse sur l’employeur, qui doit démontrer que le danger invoqué n’est ni grave ni imminent, ce qui rend en pratique très difficile toute contestation d’un exercice abusif du droit de retrait. Cette défaillance s’observe également dans l’administration de la justice et les services publics territoriaux, à l’opposé de la capacité du secteur privé, notamment le commerce de première nécessité, à avoir maintenu son activité sans pénurie majeure durant la crise. Le statut protecteur de la fonction publique, justifié par le principe constitutionnel de continuité du service public, profite ainsi en définitive davantage à ses agents qu’aux usagers qu’il est censé servir.

11 mai 2020 : Le Covid 19 ou l’émergence d’un soviétisme écologique, Les Échos.

La pandémie de Covid-19 doit-elle être analysée comme une crise sanitaire ou, comme le prétendent certains discours, comme une crise écologique ? Il s’agit avant tout d’une crise sanitaire, dont l’instrumentalisation au service d’un agenda écologiste radical mérite d’être dénoncée. Cette crise fait basculer la société dans une ère de privation revendiquée au nom de principes environnementaux, sans réel fondement épidémiologique. Un tel « soviétisme écologique » menace de restreindre durablement les libertés économiques sous couvert d’urgence sanitaire.

5 mars 2020 : Les dangers de l’économie de la décroissance, Les Échos.

L’économie de la décroissance, présentée par certains think tanks comme seule réponse au changement climatique — jusqu’à proposer de limiter le temps de travail hebdomadaire à neuf heures —, constitue-t-elle une voie soutenable ? L’histoire de la civilisation moderne se lit comme une conquête énergétique continue, de la maîtrise du feu à l’exploitation du charbon, du pétrole puis du nucléaire, chacune ayant permis un progrès humain considérable. Les énergies vertes, à faible rendement, ne permettront pas de financer les dépenses sociales considérables qu’exige une société vieillissante, telles les prises en charge médicales lourdes, évaluées à 450 milliards d’euros par an en France. Le mouvement des gilets jaunes traduit d’ailleurs la crainte d’une partie de la population de ne pas pouvoir se projeter dans cette transition, faute de visibilité sur les métiers de demain. Seul le progrès scientifique, et non la décroissance, doit ainsi demeurer le moteur du développement humain.

3 janvier 2020 : SNCF et RATP : pour en finir avec les privilèges, Les Échos.

Les avantages dont bénéficient les agents de la SNCF et de la RATP, notamment en matière de retraite, trouvent-ils encore une justification ? Aucune pénibilité avérée ne permet de légitimer un départ à la retraite aussi précoce que celui accordé par ces régimes spéciaux. Les inégalités entre ces régimes et le régime général de retraite demeurent flagrantes et difficilement soutenables sur le plan budgétaire. Une réforme en profondeur des statuts de ces entreprises publiques s’impose pour rétablir l’équité entre tous les salariés.

12 novembre 2019 : Accord Chine-Europe : la mondialisation qui sourit, Les Échos.

Le premier accord commercial signé entre l’Union européenne et la Chine marque-t-il un rééquilibrage favorable aux intérêts européens ? L’Europe y protège ses denrées les plus réputées tout en imposant ses normes et ses standards d’excellence à son partenaire commercial. Les bénéfices attendus de cet accord contribuent à réhabiliter l’image d’une mondialisation des échanges trop souvent perçue négativement. Un commerce international régulé par des normes exigeantes, à l’image de celles portées par l’Europe, constitue une voie soutenable pour l’avenir des échanges mondiaux.

18 octobre 2019 : Taxe GAFA : hardiesse internationale, atermoiements français, Les Échos.

Le projet de taxe mondiale sur les géants du numérique dévoilé par l’OCDE ouvre-t-il la voie à une fiscalité plus équilibrée du commerce électronique ? La France gagnerait à rééquilibrer la fiscalité pesant sur le commerce physique avec celle applicable au commerce électronique, plutôt que de cibler unilatéralement ce dernier. Faire du commerce électronique un bouc émissaire fiscal traduit une approche à courte vue des mutations économiques en cours. Une approche plus équilibrée et cohérente de la fiscalité numérique, articulée avec les négociations internationales, apparaît préférable à des mesures nationales isolées.

16 octobre 2019 : Comptes des grands groupes : le mauvais combat du « Media », Les Échos.

La volonté du site d’actualité « Le Média » de contraindre les grands groupes à publier leurs comptes répond-elle à un réel enjeu de transparence ? Si l’obligation de publication existe bel et bien en droit français, son intérêt pratique demeure plus que mesuré au regard de l’objectif poursuivi. Cette démarche se heurte à des limites significatives et pourrait même produire des effets pervers contraires aux intentions affichées. L’inutilité relative de cette bataille médiatique invite à s’interroger sur la pertinence des priorités choisies.

1er octobre 2019 : La concentration des télécoms suisses ou le renouveau des fusions-acquisitions, Les Échos.

Le rachat de l’opérateur suisse UPC par son concurrent Sunrise, opération nécessitant une levée de fonds de 4,1 milliards de francs suisses et constituant la plus importante prise de contrôle de l’histoire des télécommunications suisses, marque-t-il le retour en force des fusions-acquisitions malgré le durcissement du cadre réglementaire, notamment la loi Sapin 2 et le devoir de vigilance des multinationales, qui avaient nourri la crainte d’un ralentissement des opérations sous le poids croissant de la « compliance » ? Les profils des deux entreprises sont complémentaires : Sunrise affichait une dynamique commerciale forte avec plus de 42 000 nouveaux abonnés mobiles au dernier trimestre 2018, quand UPC, en repli de 3,7 % de chiffre d’affaires, perdait dans le même temps des clients en télévision et en internet. L’intérêt stratégique de l’opération est net : elle permet à Sunrise de se hisser au niveau de Swisscom, jusqu’alors leader incontesté du marché suisse, créant une situation de concurrence plus favorable aux consommateurs. L’émergence d’un second acteur de poids pourrait paradoxalement profiter à Swisscom en désamorçant les demandes de régulation dont l’opérateur historique faisait l’objet de la part des pouvoirs publics. Cette opération constitue ainsi un exemple à suivre, tant pour les consommateurs que pour la dynamique concurrentielle du secteur.

19 juillet 2019 : Bernard Arnault, figure de proue d’un pays clivé, La Tribune.

L’annonce plaçant Bernard Arnault au sommet européen et dans le trio mondial des fortunes, puis au-dessus de Bill Gates, suscite-t-elle une admiration unanime ? Cette réussite spectaculaire nourrit au contraire les fractures d’un pays déjà clivé. Le rapport des Français à la richesse demeure ambivalent, entre fascination et rejet. Cette fortune interroge ce qu’elle révèle sur l’économie française, la mondialisation et la perception des élites. Dépasser le réflexe de dénonciation permettrait de mieux réfléchir au rôle de ces grandes fortunes dans l’investissement et l’emploi.

10 juillet 2019 : L’accord avec le Mercosur remet l’Europe et ses normes au centre du monde, Le Figaro.

3 juin 2019 : Les salariés de General Electric, premières victimes de la transition écologique, Les Échos.

Le plan de licenciement de 1044 salariés du site General Electric de Belfort constitue-t-il une conséquence directe de la transition écologique et du déclin de la demande en turbines à gaz, jugées incompatibles avec les objectifs de réduction des énergies fossiles rappelés par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye ? Le parallèle avec le site Ascoval, également fragilisé par la surproduction mondiale d’acier consécutive au recul de la demande automobile et aéronautique, elle-même liée à la défiance croissante envers ces modes de transport, est éclairant. Ce changement de comportement s’illustre par le phénomène suédois du « flygskam », la honte de prendre l’avion, et par la baisse des volumes de consommation individuelle qu’entraîne le report vers des modes de vie plus sobres. La proposition du think tank britannique Autonomy de réduire le temps de travail à neuf heures hebdomadaires illustre la radicalité de certains discours de décroissance. Les salariés de l’industrie lourde apparaissent ainsi comme les premières victimes concrètes d’une transition dont le coût social reste largement sous-estimé.

20 mai 2019 : Pourquoi les ports français prennent l’eau, Les Échos.

Pourquoi les ports français prennent-ils l’eau, pénalisés à la fois par le nouveau corridor transeuropéen post-Brexit qui contourne la façade atlantique et par la nouvelle route de la soie chinoise qui privilégie le port du Pirée, racheté par l’entreprise chinoise Cosco, au détriment de Marseille-Fos ? Le projet de fusion des ports de l’axe de la Seine (Le Havre, Rouen, Paris) se heurte à l’opposition syndicale, tandis que la Cour des comptes a critiqué le lancement précipité du projet de terminal multimodal havrais, dont l’équilibre financier n’est projeté qu’à l’horizon 2046. Le temps de travail effectif des dockers marseillais, limité selon la Cour des comptes à 3 à 3h30 par jour pour une rémunération mensuelle de 3500 à 4500 euros, constitue un facteur structurel de compétitivité dégradée. Pendant ce temps, le trafic du port du Pirée a été multiplié par cinq quand celui de Fos ne progressait que de 5 %. L’avenir du trafic maritime français paraît ainsi sombre, faute de réforme de sa gouvernance et de son organisation sociale.

16 mai 2019 : Iran : le casse-tête de la vente du pétrole, Les Échos.

La tension croissante entre Washington et Téhéran sur la question du pétrole iranien pose-t-elle un véritable casse-tête géopolitique et énergétique ? Le durcissement des sanctions américaines complique considérablement le maintien des exportations de pétrole iranien sur les marchés internationaux. Les opérateurs économiques se retrouvent pris entre les exigences américaines et leurs intérêts commerciaux avec l’Iran. Cette crise met en lumière l’ampleur des enjeux énergétiques et diplomatiques qui se jouent autour du dossier iranien.

15 avril 2019 : Les Britanniques risquent de détruire l’Europe de l’intérieur, Les Échos.

Le report du Brexit du 12 avril au 31 octobre 2019, accordé in extremis par l’Union européenne à Theresa May, ne signifie-t-il pas que « les Anglais ont gagné », en parvenant à paralyser durablement le fonctionnement des institutions européennes ? Le paradoxe est saisissant : en l’absence d’accord trouvé avant le 22 mai, il faudrait organiser l’élection de 73 députés britanniques au Parlement européen alors même que le Royaume-Uni est censé le quitter, ce qui contraindrait mécaniquement à réduire d’autant la représentation des 27 autres États membres, la France passant ainsi de 79 à 74 sièges. La posture des dirigeants européens, à commencer par Emmanuel Macron, qui présentent ce report technique comme une victoire de l’Union, s’apparente plutôt à une nouvelle capitulation face à l’intransigeance britannique. Le coût du divorce est chiffré à environ 6 milliards d’euros pour la France et 8 milliards pour l’Allemagne, affectant le droit des transports, le droit douanier, le droit bancaire et la libre circulation des personnes. Il conviendrait ainsi de bâtir une autre Europe, resserrée autour d’un noyau d’États réellement europhiles, plutôt que de poursuivre des négociations sans issue avec le Royaume-Uni.

27 mars 2019 : Vive la privatisation d’ADP, Les Échos.

L’adoption par l’Assemblée nationale, le 14 mars 2019, de l’article 49 de la loi PACTE supprimant l’obligation pour l’État de détenir la majorité du capital d’ADP justifie-t-elle la privatisation de la plateforme aéroportuaire parisienne regroupant Roissy, Orly et Le Bourget ? L’argument patrimonial souvent avancé contre la cession ne résiste pas à l’examen : l’acquéreur ne recevra qu’une concession de soixante-dix ans, à l’issue de laquelle l’État récupérera l’intégralité du foncier, évalué à 9,5 milliards d’euros et incluant près de 6 700 hectares dont 1 242 dédiés à de futures opérations immobilières du Grand Paris. L’absence de vision stratégique de l’État en matière de développement aéroportuaire, depuis l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes, laisse ADP en position de quasi-monopole avec 80 % des liaisons internationales françaises concentrées à Paris. Le maintien de la participation publique ne vise en réalité qu’à préserver un statu quo stérile et à empêcher le groupe Vinci, seul concurrent sérieux évoqué, d’en tirer profit. Une gestion stagnante sans perspective de développement ne justifie donc pas le maintien de l’État au capital d’une entreprise saine.

14 mars 2019 : Vive le hard Brexit, Les Échos.

Le double rejet, par 391 voix contre 242 puis 312 voix contre 308, du texte de sortie négocié par Theresa May au Parlement britannique en mars 2019, ne révèle-t-il pas le paradoxe d’une Chambre des communes votant à la fois contre l’accord négocié et contre une sortie sans accord ? La question de la frontière irlandaise, ravivée par le souvenir de l’accord du Vendredi saint, constitue le point de blocage central des négociations, les partisans du Brexit n’ayant sans doute pas anticipé cette difficulté lors du référendum. Les risques de pénurie sont pris suffisamment au sérieux pour qu’un plan d’évacuation de la famille royale ait été évoqué dans la presse, tandis que les contraintes douanières réactivées pourraient allonger considérablement les délais de transit à la frontière britannique. La tentation de l’Union européenne d’accorder de nouveaux délais et une nouvelle prolongation technique, plutôt que d’assumer les conséquences d’une procédure de divorce entamée par le Royaume-Uni, pose question. Un « hard Brexit » assumé, aussi provocateur que cela puisse paraître, vaudrait sans doute mieux qu’un enlisement sans fin des négociations.

7 mars 2019 : Quand la start-up nation taxe les Gafa, Les Échos.

La taxe sur les bénéfices des plateformes du numérique instaurée par la France constitue-t-elle une réponse appropriée aux enjeux de la fiscalité numérique ? Cette taxe apparaît totalement inappropriée et potentiellement contre-productive pour l’attractivité économique du pays. Les risques de représailles commerciales et de distorsions de concurrence qu’elle engendre ne doivent pas être sous-estimés. Une approche plus cohérente et concertée au niveau international serait préférable à une initiative fiscale isolée.

1er mars 2019 : Après Renault-Nissan, c’est au tour d’Air France-KLM. Pourquoi la France décroche-t-elle ?, Les Échos.

Le décrochage économique de la France, engagé depuis 2002 et l’entrée en pleine application des 35 heures, explique-t-il les difficultés rencontrées par des fleurons industriels comme Renault-Nissan ou Air France-KLM ? La France a lourdement perdu en compétitivité au cours des deux dernières décennies, ce qui se traduit concrètement par des difficultés persistantes dans des secteurs stratégiques comme l’automobile et l’aéronautique. Les causes structurelles de ce déclin, qu’il s’agisse du coût du travail ou de l’organisation du temps de travail, méritent d’être examinées sans tabou. Une prise de conscience collective sur les réformes nécessaires reste indispensable pour permettre au pays de retrouver sa compétitivité.

27 février 2019 : Fusion rejetée Alstom-Siemens, pourquoi la Commission européenne a-t-elle eu tort ?, Les Échos.

Le refus, par la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager, de la fusion entre Alstom et Siemens censée créer un « Airbus du ferroviaire », est-il juridiquement fondé mais économiquement critiquable ? Cette décision s’appuie sur deux principes du droit de la concurrence européen, le marché pertinent et l’interdiction des concentrations créatrices de monopole, mais ce cadre ignore la réalité de la concurrence internationale, notamment chinoise. Le rapport Gallois de 2012 dénonçait déjà les insuffisances de la politique de concurrence européenne face à la nécessité de constituer des champions industriels capables de rivaliser à l’échelle mondiale, sur le modèle d’Airbus. La protection du consommateur, objectif premier du droit européen de la concurrence, suppose au préalable la préservation de l’emploi et du pouvoir d’achat, que cette fusion aurait pourtant permis de soutenir. Cette décision, bien que conforme au droit, illustre ainsi une vision européenne de la concurrence déconnectée des enjeux industriels globaux.

12 février 2019 : Pourquoi Huawei est-elle visée par une menace d’embargo américain ?, Les Échos.

Pourquoi Huawei est-elle visée par une menace d’embargo américain, dans le cadre d’une extension inédite des sanctions extraterritoriales américaines à une entreprise et non plus seulement à un État ? Sa directrice financière a été arrêtée au Canada début décembre 2018 à la demande de Washington pour avoir prétendument contourné les sanctions américaines visant l’Iran, prolongeant un acte d’accusation dénonçant dix crimes fédéraux commis par deux filiales du groupe, déjà instruit par un grand jury de Seattle dès 2012 ; ces sanctions, comme les précédentes, procèdent d’une décision administrative américaine sans débat contradictoire devant un tribunal. Cette affaire s’inscrit dans le contexte plus large de la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump contre la Chine, motivée par un déficit commercial jugé insupportable et par la crainte de voir les équipements Huawei déployés à grande échelle dans les infrastructures de télécommunications occidentales à l’approche du déploiement de la 5G. Les autorités françaises ont invité les entreprises nationales à temporiser leurs relations commerciales avec Huawei dans l’attente d’un accord entre Washington et Pékin, plutôt que de perdre des marchés au profit de concurrents américains déjà en embuscade. Cette affaire illustre ainsi une nouvelle forme d’arme économique américaine, désormais dirigée directement contre les entreprises et non plus seulement contre les États.

16 janvier 2019 : Vers un hard Brexit, Les Échos.

Le rejet massif, le 15 janvier 2019, par 432 voix contre 202, de l’accord de sortie négocié par Theresa May — le plus sévère infligé à un gouvernement britannique depuis 1924 — annonce-t-il un « hard Brexit » désormais inéluctable ? Même au sein du parti conservateur, seuls 118 des 317 parlementaires ont approuvé le texte. L’impasse politique est totale : la Première ministre, sommée de présenter un plan alternatif sous cinq jours qu’elle n’était pas parvenue à élaborer en deux années de négociations, fait face à une Union européenne qui, sous peine de voir d’autres États membres exiger des concessions similaires, ne peut se permettre la moindre génuflexion supplémentaire. L’hypothèse théorique d’un retrait de la notification de l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui imposerait un second référendum à l’issue politiquement incertaine, paraît peu réaliste. Les conséquences d’une sortie sans accord sont chiffrées à plus de 3 milliards d’euros de pertes côté européen et le double côté britannique, sans compter la nécessité pour le Royaume-Uni de renégocier son adhésion à une multitude d’accords internationaux dont il bénéficiait en tant que membre de l’Union. L’Irlande pourrait être l’un des principaux bénéficiaires économiques de ce scénario désormais inéluctable.

23 octobre 2018 : La Pax Mercatoria, seul remède au protectionnisme, Les Échos.

Deux événements du commerce international se télescopent au même moment : la publication des premiers chiffres résultant de l’application du CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, et une étude Coface consacrée à l’impact des mesures protectionnistes américaines. Les premiers résultats du CETA témoignent des bénéfices concrets que peut produire un accord de libre-échange bien négocié pour les économies concernées. L’étude Coface, à l’inverse, met en évidence le coût économique du protectionnisme déployé par l’administration Trump, dont une seule donnée suffit à mesurer l’ampleur. Cette confrontation illustre la supériorité d’une Pax Mercatoria fondée sur l’ouverture commerciale par rapport aux tentations protectionnistes.

7 octobre 2018 : L’AEUMC, l’accord États-Unis–Mexique–Canada est signé !, Les Échos.

L’accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), qui remplace désormais l’ALENA, a été signé à la grande satisfaction de Donald Trump. Ce nouvel accord commercial couvre 500 millions de Nord-Américains et représente 1 200 milliards de dollars d’échanges, pour une durée de seize ans. Sa conclusion marque l’aboutissement de négociations tendues entre les trois partenaires nord-américains, sur fond de rhétorique protectionniste de l’administration américaine. Ce texte illustre la capacité de Washington à renégocier ses accords commerciaux existants plutôt qu’à s’en retirer purement et simplement.

26 septembre 2018 : Iran : l’Europe pense au troc pour contourner les sanctions américaines, Les Échos.

En marge du sommet de l’ONU, la France a signé avec l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Iran un accord visant à créer un système de troc destiné à sauver les relations commerciales menacées par le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien. Ce mécanisme, envisagé par l’Europe, viserait à contourner les sanctions américaines en évitant tout recours au système bancaire international sous contrôle des États-Unis. Sa mise en œuvre soulève cependant de nombreuses interrogations pratiques quant à son fonctionnement effectif et à sa capacité à protéger durablement les entreprises européennes engagées avec l’Iran. Cette initiative témoigne des limites de la souveraineté économique européenne face à l’extraterritorialité du droit américain.

5 septembre 2018 : Pourquoi la France pourrait-elle rater l’opportunité du Brexit ?, Les Échos.

La Commission européenne envisage de tracer une nouvelle route commerciale reliant l’Irlande au continent européen, en contournant les ports français au profit de ceux de la Belgique et des Pays-Bas. Cette perspective, directement liée aux bouleversements logistiques provoqués par le Brexit, prive la France d’une opportunité stratégique qu’elle aurait pu saisir. Le retard des infrastructures portuaires françaises et l’absence d’anticipation politique expliquent en grande partie ce contournement au profit de ses voisins nord-européens. La France risque ainsi de manquer l’occasion que représente la réorganisation des flux commerciaux consécutive à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

2 septembre 2018 : Les États-Unis ont signé un accord commercial avec le Mexique, Les Échos.

Le 27 août 2018, Donald Trump a annoncé la signature d’un accord commercial bilatéral avec le Mexique destiné à se substituer à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), en vigueur depuis le 1er janvier 1994. Cet accord est l’aboutissement de négociations aussi tendues que rapides, menées en moins d’une année entre les deux pays. Sa conclusion marque la fin programmée de l’ALENA, dans l’attente de la position du Canada, qui n’est pour l’heure pas partie à ce nouvel accord bilatéral. Cette séquence illustre la méthode de l’administration américaine, consistant à renégocier pays par pays les accords commerciaux jugés défavorables aux intérêts américains.

19 juillet 2018 : Le JEFTA, accord entre l’Union européenne et le Japon, est signé, Les Échos.

L’Union européenne et le Japon ont signé, le 17 juillet 2018, le Jefta (Japan-EU Free Trade Agreement), accord organisant une zone de libre-échange couvrant près d’un tiers du produit intérieur brut mondial. Cet accord constitue l’un des plus vastes traités commerciaux jamais conclus par l’Union européenne, tant par la taille des économies concernées que par l’ampleur des flux d’échanges visés. Sa signature intervient dans un contexte international marqué par la montée des tensions protectionnistes américaines, ce qui lui confère une portée symbolique particulière. Le Jefta illustre ainsi la stratégie européenne consistant à multiplier les accords de libre-échange bilatéraux face au repli commercial de Washington.

25 mai 2018 : Projet de loi fraude fiscale : les avocats en ligne de mire, Les Échos.

Présenté le 28 mars 2018 en Conseil des ministres, le projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale fait de l’avocat un complice par profession de la fraude, susceptible d’être sanctionné à ce titre. Cette qualification nouvelle bouleverse l’équilibre traditionnel de la profession, fondé sur le secret professionnel et l’indépendance du conseil vis-à-vis de l’administration fiscale. Le texte fait peser sur les avocats une responsabilité étendue, alors même que leur rôle consiste à conseiller leurs clients dans le respect de la légalité et non à en devenir les garants pénaux. Cette évolution législative appelle à une vigilance particulière de la profession quant aux conditions d’exercice du conseil juridique et fiscal.

17 mai 2018 : Iran : comment s’opposer aux lois extraterritoriales américaines ?, Les Échos.

Le 8 mai 2018, Donald Trump a décidé de retirer unilatéralement les États-Unis du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015. Ce retrait entraîne la réactivation immédiate des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran, avec des effets extraterritoriaux touchant directement les entreprises européennes engagées dans des relations commerciales avec Téhéran. Face à cette situation, l’Europe se trouve contrainte de rechercher des mécanismes juridiques susceptibles de protéger ses entreprises contre l’application de ces lois extraterritoriales américaines. Cette crise illustre les limites de la souveraineté juridique européenne confrontée à la puissance normative du droit américain en matière de sanctions internationales.

26 avril 2018 : Libre-échange : pendant que l’Europe tergiverse, l’Afrique avance et crée la ZLEC, Les Échos.

Le 21 mars 2018, quarante-quatre États africains ont signé l’accord créant la ZLEC, zone de libre-échange continentale africaine. Cet espace, en discussion depuis plus de cinq ans, vise à établir un marché unique pour les biens et les services, incluant à terme la libre circulation des personnes et des capitaux sur le continent. Cette avancée témoigne d’une dynamique d’intégration économique africaine qui contraste avec les tergiversations européennes sur ses propres projets d’accords commerciaux. L’Afrique démontre ainsi sa capacité à se doter d’instruments d’intégration économique ambitieux, quand l’Europe peine parfois à faire aboutir ses négociations commerciales.

14 mars 2018 : Pourquoi la guerre commerciale amorcée par Trump est-elle si dangereuse ?, Les Échos.

En haussant les droits de douane pesant sur les produits européens, Donald Trump prend le risque de déclencher une guerre commerciale dont les conséquences seraient fâcheuses pour l’ensemble des économies concernées. Cette escalade tarifaire menace de provoquer des mesures de rétorsion en chaîne, susceptibles de fragiliser durablement les échanges internationaux. Les entreprises exportatrices, tant américaines qu’européennes, se trouveraient prises en étau dans un conflit dont ni l’issue ni la durée ne peuvent être anticipées avec certitude. Cette logique protectionniste risque in fine de pénaliser les consommateurs et les industries des deux côtés de l’Atlantique, bien au-delà des secteurs directement visés.

23 février 2018 : Vente de Rafale bloquée : la France subit (encore une fois) la loi américaine, Les Échos.

Washington s’appuie sur sa réglementation relative à la vente d’armes pour freiner la conclusion d’une vente de Rafale supplémentaires à l’Égypte. Cette entrave illustre une nouvelle fois la capacité des États-Unis à faire obstacle, par l’effet extraterritorial de leur droit interne, à des opérations commerciales conclues entre États tiers. La France se trouve ainsi pénalisée dans sa politique d’exportation d’armement, alors même que l’opération n’implique directement aucune partie américaine. Cette situation illustre les limites de la souveraineté commerciale française face à l’extension du droit américain au-delà de ses frontières.

12 février 2018 : Négociations entre l’UE et le Mercosur : sortir du statu quo, Les Échos.

Emmanuel Macron plaide pour une « pause » dans les négociations commerciales internationales, mais celles entamées entre l’Europe et le Mercosur gagneraient pourtant à être relancées sans délai. Cet accord, en discussion depuis près de vingt ans, offrirait à l’Union européenne un accès privilégié à un marché sud-américain de plusieurs centaines de millions de consommateurs. Le statu quo actuel prive les entreprises européennes d’opportunités commerciales significatives, tout en laissant le champ libre à d’autres puissances économiques désireuses de renforcer leurs liens avec l’Amérique du Sud. Sortir de cette impasse suppose de dépasser les réticences agricoles françaises pour envisager l’accord dans sa globalité économique et stratégique.

29 décembre 2017 : Pourquoi insérer l’environnement dans l’objet social des entreprises est une mauvaise idée, Les Échos.

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, souhaite que soit redéfini l’objet social des entreprises pour y intégrer des préoccupations environnementales. Cette proposition, séduisante en apparence, fait cependant fi des fondements mêmes du droit des sociétés, construit autour de la recherche du profit au bénéfice des associés. Introduire l’environnement dans l’objet social risquerait de fragiliser la sécurité juridique des décisions de gestion et d’ouvrir la voie à un contentieux incertain sur la responsabilité des dirigeants. Cette réforme, aussi bien intentionnée soit-elle, mérite d’être appréhendée avec prudence au regard des équilibres fondamentaux du droit des affaires.

20 décembre 2017 : Commerce international : ne faisons pas du 100 % made in France une obsession, Les Échos.

Mieux vaut, pour l’équilibre de la balance commerciale française, vendre un produit à forte valeur ajoutée française qu’un bien composé à 100 % de composants d’origine française. Cette distinction, souvent négligée dans le débat public, invite à privilégier la création de valeur sur le territoire national plutôt que l’origine géographique stricte de chaque composant. L’obsession du « 100 % made in France » méconnaît les réalités des chaînes de valeur mondialisées, dans lesquelles la compétitivité repose sur la spécialisation et l’intégration des économies. Une approche pragmatique, centrée sur la valeur ajoutée plutôt que sur l’origine intégrale des produits, servirait davantage les intérêts économiques du pays.

12 décembre 2017 : Le JEFTA, un super-accord et un pied de nez à Trump, Les Échos.

L’Union européenne et le Japon ont finalisé, le 8 décembre 2017, leur traité de libre-échange, le Jefta. Cet accord constitue une réponse directe aux tendances protectionnistes affichées par l’administration américaine depuis l’élection de Donald Trump. En rapprochant deux des plus grandes puissances économiques mondiales, ce super-accord commercial démontre la capacité de partenaires historiques des États-Unis à poursuivre leur intégration économique en dehors de l’orbite américaine. Ce texte s’apparente ainsi à un pied de nez adressé à Washington, dont la politique protectionniste pousse ses alliés traditionnels à resserrer leurs liens commerciaux entre eux.

13 novembre 2017 : Commerce international : la nouvelle route de la soie, voie royale pour la Chine, Les Échos.

La Chine semble vouloir structurer, le long de la future route commerciale reliant l’Europe à l’Asie, un vaste espace de libre-échange destiné à concurrencer directement le bloc occidental. Ce projet, connu sous le nom de nouvelles routes de la soie, s’appuie sur des investissements massifs dans les infrastructures de transport et de logistique des pays traversés. Il permettrait à Pékin de consolider son influence économique sur un espace continental s’étendant de l’Asie à l’Europe, en position de force face aux puissances occidentales. Cette stratégie chinoise illustre l’ambition de redessiner l’architecture du commerce mondial autour d’un axe eurasiatique placé sous influence chinoise.

26 octobre 2017 : Non à un « veto climatique » dans le CETA, Les Échos.

Nicolas Hulot propose d’intégrer un veto climatique dans le traité de libre-échange conclu entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Une telle mécanique de confrontation risquerait pourtant de compromettre la ratification et l’application du traité, alors qu’un dialogue construit entre partenaires commerciaux serait plus productif. Le consensus, plutôt que l’instauration d’un droit de veto unilatéral, permettrait de concilier les impératifs climatiques avec la poursuite des échanges commerciaux. Une approche pragmatique et constructive des enjeux climatiques dans les accords commerciaux paraît ainsi préférable à l’instauration de mécanismes de blocage.

12 octobre 2017 : Non, le CETA ne permettra pas d’importer les pétroles bitumineux canadiens, Les Échos.

L’abandon du projet d’oléoduc Energie Est par la compagnie pétrolière TransCanada illustre concrètement que le CETA ne permettra pas d’importer massivement les pétroles bitumineux canadiens en Europe. Les garanties environnementales incluses dans l’accord constituent un rempart efficace contre ce type de scénario redouté par ses opposants. Cette évolution rassure quant à l’impact écologique réel du traité, souvent surestimé par ses détracteurs. Les arguments les plus alarmistes avancés contre le CETA se trouvent ainsi largement démentis par les faits.

3 octobre 2017 : Pour un volet Erasmus dans nos accords commerciaux, Les Échos.

L’intégration d’un chapitre « Erasmus » dans chacun des futurs accords de libre-échange conclus par la France permettrait de multiplier le nombre de Français bénéficiant de programmes d’échanges universitaires. Une telle mesure présenterait des bénéfices culturels et éducatifs significatifs, en complément des seuls objectifs commerciaux habituellement poursuivis par ces accords. La mondialisation gagnerait ainsi à profiter davantage à la jeunesse et à l’enseignement supérieur, au-delà des seuls échanges de biens et de services. Cette proposition invite à repenser plus largement le contenu des accords commerciaux pour y intégrer une dimension humaine et éducative.

25 septembre 2017 : Pourquoi le CETA doit avancer, Les Échos.

L’entrée en vigueur provisoire du CETA, intervenue le 21 septembre 2017, marque une étape importante qu’il convient de concevoir comme celle d’un accord-cadre posant les bases d’une relation commerciale fructueuse entre l’Europe et le Canada. Les bénéfices économiques et stratégiques attendus de cet accord justifient la poursuite résolue du processus de ratification, malgré les critiques persistantes de ses opposants. Ce texte ouvre la voie à un approfondissement progressif des échanges entre les deux blocs économiques. La poursuite du processus de ratification, plutôt que son abandon, apparaît comme la voie la plus raisonnable pour concrétiser ces bénéfices.

18 septembre 2017 : La commission CETA a rendu son rapport : le traité poursuivra sa route, Les Échos.

Le rapport de la commission d’experts désignée par Emmanuel Macron sur le CETA conclut que le traité poursuivra sa route, malgré quelques réserves formulées sur certains aspects du texte. Les recommandations de la commission ouvrent des pistes concrètes pour améliorer l’accord sans pour autant remettre en cause son économie générale. Ce rapport confère une légitimité renforcée au processus de ratification engagé par les autorités françaises. La nécessité d’aller de l’avant, tout en tenant compte des réserves exprimées, s’impose comme la conclusion la plus raisonnable de ces travaux.

31 juillet 2017 : Pourquoi le Conseil constitutionnel a-t-il validé le CETA ?, Les Échos.

La décision du Conseil constitutionnel validant le CETA, rendue le 31 juillet 2017, était largement attendue et confirme la conformité de l’accord avec la Constitution française. Les arguments juridiques ayant conduit à cette validation reposent sur une analyse rigoureuse des mécanismes de règlement des différends et des compétences respectives de l’Union européenne et des États membres. Cette décision clarifie les fondements constitutionnels sur lesquels repose la validité des accords de libre-échange conclus par la France. Elle lève ainsi une incertitude juridique majeure qui pesait sur la poursuite du processus de ratification du CETA.

7 juillet 2017 : L’Union européenne et le Japon ont signé le plus gros accord de libre-échange de l’histoire, Les Échos.

La signature de l’accord de partenariat économique entre l’Union européenne et le Japon (JEFTA), intervenue le 6 juillet 2017, constitue le plus important accord commercial jamais conclu par l’UE. Ce texte comprend, pour la première fois dans un accord de cette ampleur, un engagement spécifique relatif à l’accord climatique de Paris. Les bénéfices économiques et stratégiques attendus de ce partenariat sont considérables, tant par la taille des économies concernées que par la portée symbolique de l’accord. Cette signature illustre une vision positive du commerce international, désormais régulé par des normes environnementales exigeantes.

27 juin 2017 : L’Américain Google condamné par l’Europe : œil pour œil, dent pour dent ?, Les Échos.

La condamnation de Google par la Commission européenne à une amende de 2,42 milliards d’euros peut être analysée comme un juste retour de bâton après la condamnation, par le passé, de plusieurs grands groupes européens par les autorités américaines. Cette décision soulève des enjeux majeurs de souveraineté économique et de régulation des géants du numérique, dont l’influence dépasse largement les frontières nationales. L’équilibre des forces entre l’Europe et les États-Unis dans la régulation des entreprises technologiques se trouve ainsi directement interrogé par cette sanction inédite. Cette affaire illustre la capacité retrouvée de l’Union européenne à faire valoir ses propres règles de concurrence face aux géants américains du numérique.

13 juin 2017 : Pourquoi l’Allemagne va payer cher l’arrêt du nucléaire, Les Échos.

La sortie du nucléaire décidée par l’Allemagne emporte des conséquences économiques considérables, dont le coût final pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros pour le pays. Cette décision fait peser des risques significatifs sur la compétitivité industrielle allemande, contrainte de recourir davantage à des sources d’énergie plus coûteuses ou plus polluantes. La sécurité énergétique du pays s’en trouve également fragilisée, dans un contexte de dépendance accrue aux importations d’énergie. Ce choix illustre les coûts économiques que peuvent engendrer des décisions énergétiques guidées avant tout par des considérations idéologiques.

17 mai 2017 : Quelles solutions pour faciliter la signature des traités de libre-échange ?, Les Échos.

L’arrêt rendu par la Cour de justice de l’Union européenne le 16 mai 2017 sur l’accord UE-Singapour met en lumière la complexité du régime de compétence partagée entre l’Union et ses États membres en matière commerciale. Cette répartition des compétences complique considérablement la ratification des traités de libre-échange, exposés aux aléas des procédures nationales de chacun des vingt-sept États membres. Les difficultés politiques et juridiques inhérentes à ce processus appellent des solutions institutionnelles permettant de sécuriser et d’accélérer la conclusion de ces accords. Une réforme du cadre institutionnel européen apparaît ainsi nécessaire pour simplifier durablement la signature des accords commerciaux.

5 mai 2017 : Pourquoi le protectionnisme n’est pas le remède aux effets pervers de la mondialisation ?, Les Échos.

Les discours populistes prônant le protectionnisme comme réponse aux excès de la mondialisation méconnaissent la nature réelle des difficultés rencontrées par certaines catégories de la population. Le véritable remède aux effets néfastes de la mondialisation réside dans l’exigence de liberté économique, et non dans le repli protectionniste qui ne ferait qu’aggraver la situation. Les bénéfices du commerce international pour la croissance et l’innovation demeurent considérables et ne sauraient être sacrifiés au nom d’une réponse illusoire aux inquiétudes légitimes qu’elle suscite. Une vision libérale et ouverte de l’économie mondiale reste la voie la plus sûre pour concilier prospérité collective et adaptation aux mutations économiques contemporaines.

14 avril 2017 : Commerce international : l’OMC craint que le protectionnisme ne brime l’embellie annoncée pour 2017, Les Échos.

Les prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) annoncent une embellie du commerce mondial pour l’année 2017, après plusieurs années de croissance atone. Les tentations protectionnistes et les incertitudes politiques observées dans plusieurs grandes économies risquent cependant de limiter, voire de compromettre, cette reprise annoncée. Le repli sur soi de certaines économies nationales ferait ainsi peser un risque significatif sur la dynamique de croissance mondiale espérée. Cette alerte de l’OMC souligne les conséquences potentiellement négatives du protectionnisme pour l’ensemble du commerce international.

11 avril 2017 : Acier : les mesures européennes anti-dumping chinois sont louables mais insuffisantes, Les Échos.

La décision de l’Union européenne de relever ses droits de douane sur l’acier laminé chinois répond à une nécessité réelle de protection de l’industrie sidérurgique européenne face au dumping pratiqué par la Chine. Cette mesure, bien que louable, ne saurait toutefois constituer à elle seule une réponse suffisante à l’ampleur des pratiques commerciales déloyales observées sur ce marché. Une stratégie européenne plus globale, articulant plusieurs instruments de défense commerciale, s’impose pour protéger durablement l’industrie sidérurgique du continent. Une politique commerciale européenne plus ferme et plus cohérente reste nécessaire pour faire face à la surcapacité chinoise dans ce secteur stratégique.

24 mars 2017 : La loi sur le devoir de vigilance logiquement censurée par le Conseil constitutionnel, Les Échos.

10 mars 2017 : CETA : Monsieur Paul Magnette récidive, Les Échos.

22 février 2017 : La loi sur le devoir de vigilance des multinationales est définitivement adoptée dans sa vision la plus punitive, Les Échos.

20 février 2017 : Pourquoi l’Europe ne doit pas craindre Donald Trump, Les Échos.

La politique protectionniste affichée par le nouveau président américain Donald Trump offre paradoxalement à l’Europe une opportunité de redevenir un pivot économique et culturel mondial de premier plan. Le repli commercial américain ouvre la voie à la signature par l’Union européenne de nouveaux accords de libre-échange, notamment avec le Japon, susceptibles de renforcer sa position sur la scène internationale. Cette configuration inédite invite l’Europe à adopter une posture proactive plutôt que défensive face aux évolutions de la politique commerciale américaine. Une vision optimiste et volontariste de la place de l’Europe dans le commerce mondial permettrait ainsi de transformer cette contrainte en opportunité stratégique.

15 février 2017 : Le Parlement européen adopte le CETA, enfin une bonne nouvelle, Les Échos.

10 février 2017 : Devoir de vigilance des multinationales, le Sénat fait de la résistance, Les Échos.

27 janvier 2017 : Partenariat transpacifique : l’erreur de Donald Trump, Les Échos.

Le retrait des États-Unis de l’accord de partenariat transpacifique (TPP), décidé par Donald Trump, met fin à un accord de libre-échange qui, bien que jamais entré en application, concernait une douzaine de pays de la zone Asie-Pacifique. Les conséquences géoéconomiques de ce retrait sont significatives pour l’influence américaine dans une région appelée à devenir le centre de gravité de l’économie mondiale. Cette décision isolationniste affaiblit durablement la position stratégique des États-Unis face à une Chine désireuse de combler le vide ainsi laissé. Ce choix illustre les risques d’un repli commercial unilatéral pour la puissance économique et diplomatique américaine à long terme.

24 janvier 2017 : Pourquoi Trump a eu tort d’enterrer le traité Transpacifique ?, Les Échos.

23 janvier 2017 : Faut-il se réjouir de la fin de l’embargo américain sur le bœuf français ?, Les Échos.

23 janvier 2017 : Subprimes : les banques européennes anticipent les condamnations américaines, La Tribune.

11 janvier 2017 : Extraterritorialité des lois américaines : comment réagir ?, Les Échos.

Comment réagir face à l’extension croissante de l’application extraterritoriale des lois américaines et à ses conséquences pour les entreprises européennes opérant à l’international ? Cette pratique fait peser des risques tant juridiques qu’économiques sur les sociétés françaises, contraintes de se conformer à une législation étrangère sous peine de sanctions parfois considérables. Plusieurs pistes de réaction existent, parmi lesquelles le renforcement des mécanismes de protection européens et une coordination accrue entre les États membres. Seule une réponse collective de l’Union européenne est de nature à contrebalancer cette forme de souveraineté juridique excessive exercée par les autorités américaines.

30 décembre 2016 : Accord de libre-échange UE–Singapour : la décision de l’avocat général ne règle rien, Les Échos.

22 décembre 2016 : Procès Lagarde : faut-il supprimer la Cour de justice de la République ?, Les Échos.

15 décembre 2016 : Loi Justice du XXIe siècle : promotion de l’arbitrage pour tous, Les Échos.

14 décembre 2016 : Les défis soulevés par la « politique juridique extérieure » des États-Unis, Les Échos.

6 décembre 2016 : L’Assemblée nationale adopte une vision répressive de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales, Les Échos.

5 décembre 2016 : Mercosur : suspendu, le Venezuela victime de son idéologie, Les Échos.

30 novembre 2016 : L’OCDE juge que le protectionnisme est un risque pour l’économie mondiale, Les Échos.

29 novembre 2016 : Le Parlement européen diffère le vote sur le CETA, Les Échos.

17 novembre 2016 : May + Trump = fin de la mondialisation ?, Les Échos.

10 novembre 2016 : Quelles sont les conséquences internationales de l’élection de Donald Trump, Les Échos.

9 novembre 2016 : Faut-il supprimer la nature mixte des accords de libre-échange, Les Échos.

3 novembre 2016 : CETA : les deux (bonnes) surprises de l’accord, Les Échos.

27 octobre 2016 : M. Paul Magnette, votre veto sur le CETA est injustifiable, Les Échos.

21 octobre 2016 : Quand une petite région belge risque de faire capoter le CETA, Les Échos.

19 octobre 2016 : Valls et Hollande promoteurs du traité de libre-échange avec le Canada, La Tribune.

14 octobre 2016 : Loi sur le devoir de vigilance : bravo au Sénat d’avoir réécrit le texte, Les Échos.

12 octobre 2016 : Les données personnelles au cœur des négociations sur le TISA, Les Échos.

7 octobre 2016 : TTIP : pourquoi Angela Merkel veut-elle poursuivre les négociations, Les Échos.

29 septembre 2016 : Le libre-échange peut-il seul sauver l’économie mondiale, Les Échos.

L’Organisation mondiale du commerce alerte sur la mauvaise santé persistante du commerce international, dont la croissance ralentit depuis plusieurs années. Cette situation pourrait être aggravée par les politiques protectionnistes promises par plusieurs mouvements populistes en progression dans de nombreux pays occidentaux. Le repli sur soi des économies nationales ferait ainsi peser un risque supplémentaire sur une croissance mondiale déjà fragilisée par de multiples facteurs conjoncturels. Le libre-échange demeure, en dépit de ces vents contraires, l’un des moteurs les plus sûrs de la croissance et de la prospérité mondiale.

25 septembre 2016 : TTIP : pourquoi Matthias Fekl veut-il stopper les négociations, Les Échos.

18 septembre 2016 : Non M. Bové, l’Europe ne sacrifie pas ses fromages, Les Échos.

31 août 2016 : Traité de libre-échange : derrière l’arrêt des négociations, un coup politique de François Hollande, Les Échos.

27 juin 2016 : Loi Sapin 2 : quand la France cède à la Russie, Les Échos.

24 mai 2016 : Brexit : quelles conséquences juridiques, Les Échos.

23 mai 2016 : TTIP : le rejet apparent de l’arbitrage ou l’hypocrisie gouvernementale, Les Échos.

13 mai 2016 : Pourquoi l’Europe refuse le statut d’économie de marché à la Chine ?, Les Échos.

7 mai 2016 : Pourquoi cette peur française du traité transatlantique, Contrepoints.

2 mai 2016 : TTIP leaks by Greenpeace, Les Échos.

28 avril 2016 : Quand le TTIP est plus transparent que la COP 21, Les Échos.

28 avril 2016 : Pourquoi cette peur française du traité transatlantique, La Tribune.

25 avril 2016 : Le Traité transatlantique ou l’opportunité d’un choix pour les consommateurs, Les Échos.

15 avril 2016 : L’Union européenne met en place la protection du secret des affaires, Les Échos.

11 avril 2016 : Le TISA ou le triomphe de la démocratie parlementaire, Les Échos.

30 mars 2016 : Le TTIP dans la campagne électorale américaine, Les Échos.

11 mars 2016 : La France a tout à perdre en rejetant l’arbitrage, Les Échos.

25 février 2016 : Traité transatlantique : bientôt du bœuf américain aux hormones dans nos assiettes ?, Les Échos.

16 février 2016 : Quel avenir pour l’OMC ?, La Tribune (avec Leïla Hamidi).

Quel avenir pour l’Organisation mondiale du commerce (OMC), confrontée aux défis du multilatéralisme et à la montée des accords commerciaux régionaux ? L’organisation doit s’adapter aux nouvelles réalités géoéconomiques pour rester pertinente, sous peine de voir son rôle s’affaiblir face à la multiplication des accords bilatéraux et régionaux. Les réformes nécessaires pour préserver sa capacité à réguler le commerce mondial restent ainsi à mettre en œuvre.

26 janvier 2016 : Ni vu ni connu, la France s’apprête à réintégrer l’OTAN, Les Échos.

13 janvier 2016 : La baisse du pétrole ou la mondialisation heureuse, Les Échos.

17 décembre 2015 : Conférence de Nairobi : l’OMC au pied du mur, Les Échos.

19 octobre 2015 : Terrorisme : la France doit renforcer ses alliances stratégiques, Les Échos.

8 octobre 2015 : Le Traité transatlantique rame, le traité transpacifique prend le large, Les Échos.

1er octobre 2015 : Quand le gouvernement menace le traité transatlantique pour séduire son électorat, Les Échos.

30 septembre 2015 : Traité transatlantique, la fin de l’arbitrage, La Tribune.

31 juillet 2015 : Sauver l’agriculture française grâce au traité transatlantique, Les Échos.

8 juillet 2015 : Pourquoi il faut jouer l’ouverture de Cuba, La Tribune.

29 juin 2015 : Pourquoi les écoutes américaines ne doivent pas perturber les négociations sur le TTIP ?, Atlantico.

15 juin 2015 : Arbitrage entre investisseurs et États : l’ONU coupe court aux critiques, Les Échos.

23 avril 2015 : Devoir de vigilance, une nouvelle contrainte pour les entreprises françaises, Les Échos.

9 avril 2015 : Le pétrole, encore et toujours, La Tribune.

6 mars 2015 : Traité transatlantique, arbitrage opposant investisseurs et États : la position chaotique de la France, La Tribune.

19 février 2015 : Vers une vision paranoïaque de l’arbitrage ?, Les Échos.

30 janvier 2015 : L’inopportun retrait du texte sur le secret des affaires, La Tribune.

Le retrait du texte européen sur la protection du secret des affaires affaiblit-il la protection des entreprises et de leurs innovations face à la concurrence déloyale ? Cette décision fait peser des risques sur la compétitivité européenne, privée d’un cadre juridique suffisamment protecteur des secrets industriels et commerciaux. Un texte plus protecteur reste nécessaire pour sécuriser les entreprises face au pillage de leurs innovations.

26 janvier 2015 : Le secret des affaires enfin protégé, Les Échos.

13 janvier 2015 : Un partenariat transpacifique riche d’enseignements, La Tribune.

24 décembre 2014 : Traité transatlantique et principe de réciprocité, Les Échos.

21 décembre 2014 : Pourquoi les détracteurs du traité de libre-échange Europe-Afrique prennent les Africains pour des cons ?, Atlantico.

8 décembre 2014 : Traité transatlantique : le tournant de la transparence ?, La Tribune.

21 novembre 2014 : Quand les BRICS envisagent la fin du Dollar, La Tribune.

18 novembre 2014 : TTIP et exportations : sortir la France de son atonie économique, Les Échos.

6 novembre 2014 : Un accord de libre-échange avec Singapour, porte ouverte vers l’Asie, La Tribune.

28 octobre 2014 : Pourquoi les normes françaises contrarient le commerce extérieur ?, La Tribune.

6 octobre 2014 : Commerce extérieur : les raisons de l’échec, les pistes pour une amélioration, La Tribune.

1er octobre 2014 : Accord de libre-échange : réalités à propos de l’arbitrage ISDS, Les Échos.

22 septembre 2014 : Traité transatlantique : les limites de l’exigence démocratique, La Tribune.

16 septembre 2014 : Pour une vraie politique du commerce extérieur, La Tribune.

5 septembre 2014 : Traité transatlantique : pourquoi la France rejette-t-elle l’arbitrage ?, Les Échos.

21 août 2014 : Pourquoi la France a-t-elle si peur du traité transatlantique ?, Les Échos.

À la différence de leurs voisins allemands et britanniques, les experts français s’impliquent peu dans les négociations du partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP). Cette réticence s’explique en partie par une méconnaissance des enjeux réels du traité, davantage que par une évaluation rigoureuse de ses avantages et inconvénients pour l’économie française. La France n’a pourtant pas rien de bon à attendre de ce traité, qui pourrait ouvrir de nouvelles opportunités commerciales pour ses entreprises exportatrices. Un engagement plus actif des experts et des décideurs français dans ces négociations permettrait de mieux défendre les intérêts nationaux plutôt que de subir un accord négocié sans réelle implication française.

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